Journée très moyenne pour le coin, toujours ce vent froid d'Ouest qui souffle sans faiblir. Nous prenons la décision de voler, ca sera au moins aussi bon que chez-nous au printemps. Plafs annoncés à 3200m vent d'Ouest, NO, 25 km/h.
Patrick Chopard, Ludovic et moi seront les seuls pilotes: France Allemagne: 3-0
Au pad c'est facile, montage idéal, remorqueur presque perso, beaucoup d'assistants, et chacun son carioulet, le luxe non!
C'est Michel qui remorque, ok pour Patrick, Ludo largera à 300m et s'en sortira.
Moi je suis retardé par une radio cassée, Clemens se dévoue pour retourner à la ferme chercher le backup. Donc ca dure...
Le front pluvieux approche rapidement, il est temps de se mettre en l'air. Mon remorqueur n'en fait qu'à sa tête et part vers l'immense zone d'ombre qui envahie lentement le coin, résultat, un largué à 600m et un retour au pad dans du -3m/s. On recommence, et ne voilà t'il pas qu'il remet celà. Je ne vous répèterais pas les noms d'oiseaux que j'ai pu prononcer pendant le remorqué, quelques uns ont fusés sur les ondes. Rien à faire, j'ai essayé en tendant le bras dans la direction où je voulais qu'il aille, sans succès. Un moment j'y ai cru mais très vite il retournera dans l'ombre, donc relarguage, un peu plus haut et ca fonctionne une fois de retour à la limite ombre, soleil.
Les plafs au début sont de 3300m, vent d'Ouest environ 30 km/h, les deux autres sont déjà loin il ne me reste plus qu'à foncer. Première transition et merde, je me retrouve à 1600 m en soaring sur la crête du Swartrant à 5-6 kms de toute route. Ma patience est récompensée, nuage puis un thermique fort + 4m/s m'emportera à travers le plateau, assez haut pour pouvoir rejoindre la route de Marienthal en toute sécurité.
Chaque nuage donne fort, la température à 3000 est comme à 5000m les jours précédents. En essayant de remonter sur les autres je vole vite et me fait encore deux points très bas 1500m c'est 200 m sol et pas toujours posable. Du premier je m'en sort avec une mine, +6.6 m/s intégré. Quand ca monte à cette vitesse, on se demande si tout marche encore, plus de son, vario noir tout saturé, seul le chiffre donne la bonne indication. Thermique fort mais très régulier, c'est quand le plafond arrive rapidement qu'on se rend compte de la vitesse ascenssionnelle. Je m'emplafonne donc à 3600 m et c'est reparti.
Deuxième point bas sur l'aérodrome de Marienthal, ouverture harnais et hop c'est reparti, bon j'ai rattrapé Ludo, Patrick caracolle en tête, 40 kms devant.
D'un commun accord nous décidons de nous poser, les pistes s'entrecroisent et nous nous perdrions à coup sur.
Patrick posera au km 170, Ludovic et moi au km 130 mais à 10 kms d'écart, Ludo plus au Sud.
Nous perdrons une bonne demi-heure à retrouver l'aile de Ludo, posé au milieu de la reserve des Rhinocéros, il aura stressé (c'est vrai que les rencontres de ce type sont dangereuses)
et oublié le "mark/enter", grosse erreur car le paysage est très uniforme dans ce coin.
J'ai rajouté une petite vidéo de mon décollage, il est intéressant d'observer le travail sur le carioulet. Le pilote contre du côté où le carioulet veut aller, celà déplace le centre de tractage et ramène le chariot en ligne droite. Il faut naturellement anticiper droite et gauche, le terrain est irrégulier et chaque contre n'est pas nécessairement dosé comme il faudrait.
Notre navette avec Edourad et Clemens fera quand même 500 kms pour nous récupèrer.
Edouard sauvera ce Varan qui se prélassait au milieu de la route, il voulait peut-être se suicider qui sait?
La suite au prochain numéro...